Journée internationale de lutte des femmes : deux manifestations à Paris le 7 mars

Publié le par AL

8 mars 2009
 Toutes et tous ensemble pour les droits des femmes !
MANIFESTATION
Samedi 7 mars - 14h
Angle rue Vivienne - rue du 4 septembre, M° Bourse

Le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes se " célèbre " dans la rue. En cette année 2009, dans une période où les inégalités, accentuées par la crise financière et par la politique menée par le gou ernement, se creusent et touchent tout particulièrement les femmes, nous serons encore au rendez-vous, dans la rue, pour défendre les droits des femmes.

Mais pourquoi manifestez-vous, vous les féministes ? Vous avez tout obtenu, l'égalité professionnelle, la parité, la liberté sexuelle, la contraception, l'avortement… !
Vraiment ? Vous le croyez ? Mais qu'en est-il vraiment ?
o Sexualité, contraception, avortement
Savez-vous qu'aujourd'hui, les lieux d'information sur ces sujets, inscrits dans la loi depuis plus de 30 ans (loi Neuwirth), se voient imposer une baisse de 42 % de  leurs subventions accordées sur les heures réalisées et consacrées à l'accueil, l'information, l'éducation à la sexualité et au conseil conjugal et familial ?  Cela signifie concrètement la mort à  court terme d'un tiers des associations du Planning Familial.
Qui n'a pas eu un jour besoin de faire appel au Planning ? Pourquoi les pouvoirs publics veulent-ils l'affaiblir ? Pourquoi l'Etat se désengage-t-il de cette mission qui relève de sa responsabilté nationale ? Pourquoi remet-il en cause l'action de l'association à qui il a confié cette mission d'utilité publique, y compris l'information sur l'avortement, et qui se bat, avec la Cadac et l'Ancic, pour défendre ce droit très menacé ?
Des sirènes intégristes seraient-elles à l'origine de cette régression, ou ne serait-ce qu'une logique strictement comptable ?  Il n'y a pas de petites économies par les temps qui courent...
o Des économies ? : le gouvernement en fait mais sur le dos des salarié-es.
Il supprime des postes dans le secteur public - Education nationale, hôpitaux, la Poste… - secteurs à majorité féminine. Ce faisant, il continue son entreprise de démolition des services publics et restrein ainsi l'accès des populations les plus vulnérables, notamment les femmes qui en ont pourtant le plus besoin.
Sous prétexte de modernisation de l'Etat, il supprime le
 Service des Droits des Femmes et de l'Egalité en charge de cette politique
Il va remplacer le RMI et l'Allocation de Parent Isolé (97 % des bénéficiaires sont des femmes, la plupart du temps très jeunes) par le Revenu de Solidarité Active. Ce RSA introduit l'obligation d'accepter une " offre raisonnable d'emploi ", sous peine de sanction, ce que n'imposait pas l'API. Conséquence immédiate : ces femmes vont devoir accepter des boulots précaires, à temps partiel pour ne pas perdre leurs allocations,  Sinon, sans ressources ou avec des revenus très diminués, elles risquent de se retrouver dans l'impossibilité de payer un loyer. On le sait, trop de femmes et d'hommes sont aujourd'hui sans domicile fixe.
Savez vous qu'aujourd'hui les femmes représentent 83 % des temps partiels, la plupart du temps imposés, et donc 80 % des salarié-és payé-es en dessous du SMIC ? Avec pour conséquence des retraite de misère !
Les mesures gouvernementales aggravent la précarisation pour beaucoup de femmes.
 Sarkozy promettait l'égalité femmes/ hommes en 2009. On y est et elle n'y est pas !

o Parlons-en des retraites de misère !
 41 annuités, c'est pour demain ! Et ce sera peut-être ensuite 42, 43 ans… De nombreuses femmes s'étant arrêtées pour garder les enfants, elles n'ont pas les annuités nécessaires. Cherchez l'injustice !

o Et l'accueil des enfants ?
La possibilité pour chaque parent de voir accueillir ses enfants dans des structures publiques de qualité est un droit fondamental aujourd'hui remis en cause. En général, on se débrouille comme on peut : la crèche si on a de la chance, l'assistante maternelle si on en trouve une, la grand mère, la voisine, c'est le système D… En tout cas, il y a une chose que les parents plébiscitent, c'est l'école maternelle. Mais à 2 ans, c'est de plus en plus difficile.
Ce n'est pas bon pour eux nous dit-on. Ah bon ? Éternelle rengaine qui vise, en période de crise surtout, à renvoyer les femmes à la maison garder les enfants pour faire baisser les chiffres du chômage. Ensuite, quelle galère pour retrouver un emploi ! En outre, notre école maternelle gratuite, que tous nos voisins nous envient, risque d'être remplacées par des "jardins d'éveil" payants et avec du personnel non formé. C'est tellement mieux…  Encore des économies…
o Les hommes et les femmes ne sont-ils pas tous concernés par l'éducation des enfants ?
Bien sûr que si... Pourtant, les statistiques de l'INSEE en attestent, les tâches domestiques et éducatives continuent de reposer essentiellement sur les femmes. Ce que nous voulons c'est un réel partage des tâches qui permettra aux femmes d'avoir une vraie disponibilité pour leurs activités professionnelles.
o Et les violences
De nombreuses femmes sont victimes de violences, dans la famille, la rue, au travail, et cela uniquement parce qu'elles sont femmes ! Viols, agressions sexuelles, mutilations sexuelles, coups, violences psychologiques, harcèlement sexuel au travail, mariages forcés, violences spécifiques à l'encontre les lesbiennesŠ, ces violences inaceptables tuent ou laissent toujours des traumatismes importants. Et elles ont lieu dans tous les milieux. Mais de ça, les femmes peuvent encore difficilement parler.
Nous ne cherchons pas à renforcer les mesures de répression pénale qu'encourage le gouvernement, mais l'État doit prévenir la violence, protéger et défendre les femmes quand elles sont en danger, condamner les auteurs et prévoir des réparations. Il y a donc urgence à adopter
 une loi-cadre contre les violences faites aux femmes.

o Parmi nous, il y a des femmes qui sont encore plus précaires que précaires : elles viennent de loin et certaines d'entre elles n'ont pas de papiers pour vivre en France. Elles sont venues pour fuir la misère, l'oppression, la guerre, les persécutions en raison de leurs luttes féministes et/ou politiques, ou en raison de leur homosexualité. C'est une question de survie pour elles. Elles vivent en rasant les murs, elles gardent les enfants et/ou nettoient les bureaux aux aurores. Elles sont vulnérables à toutes sortes de violences et d'exploitation. Certaines d'entre elles se sont mises en lutte pour vivre et travailler avec les mêmes droits que tout le monde. Nous soutenons leur combat pour des papiers et pour leur dignité.
o Les intégrismes religieux
Ils veulent régenter la vie des femmes en interdisant l'avortement et la contraception, le droit de choisir  sa sexualité, l'utilisation du préservatif. Nous ne voulons pas de ses diktats, nous voulons une véritable laïcité sans qu'aucun pouvoir ne se permette d'interférer dans nos vies ou de limiter nos droits.

o Solidarité avec les femmes du monde entier !
Le 8 mars est aussi le jour où nous réaffirmons notre solidarité sans frontières. Ailleurs dans le monde, des femmes subissent exploitation, guerres, violences et mutilations. Nous sommes à leurs côtés et soutenons leur résistance car nous savons que notre combat est commun !

Nos droits sont fragiles, ils veulent les remettre en question.
Battons-nous pour les élargir et avancer.

Voilà pourquoi nous manifestons le 8 mars
Venez nous rejoindre dans la rue !

Premiers signataires : Mouvement Français pour le Planing Familial, Collectif National Droits des Femmes, Marche Mondiale des Femmes, Femmes Solidaires, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Femmes en Noir, Cadac, Encore Féministes, Les Chiennes de Garde, Coordination Lesbienne en France, CQFD Fierté Lesbienne, Ligue des Femmes Iraniennes, Organisation de Femmes Egalité, Rajfire, Acort-Femmes de Turquie, Maison des Femmes de Montreuil, Plurielles Algérie,SOS Sexisme, La Mutuelle des Étudiants, Coordination des Sans Papiers 93, Ligue Internationale pour la Paix et la Liberté, Théâtre de l'opprimé, Union syndicale Solidaires, Parti Communiste, Les Verts, Parti Socialiste, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Alternative Libertaire…

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Manifestation : samedi 7 mars à 16h, départ Place de la République.

Fête : samedi 7 mars de 20h à 2h, à la CIP-IDF, 14 quai de Charente,
75019, Métro Corentin Cariou.

Le sexisme est partout… FEMINISTES PARTOUT !

Si vous aussi vous êtes fatiguéEs par le paternalisme qui parle à notre place, ou par la violence qui cherche à nous faire taire, rejoignez-nous à la manifestation féministe du 7 mars 2009 !

Parce qu’il existe pour la majorité des gens toujours deux classes distinctes, les femmes et les hommes, et qu’il vaut mieux appartenir à la seconde qu’à la première. Parce que nous revendiquons d’avoir le choix : de notre sexe, de notre genre, de notre sexualité. Parce que nous désirons que les femmes, et touTEs leurs alliéEs, puissent s’approprier leur corps et ses représentations, sans devoir se conformer aux injonctions de normes oppressantes, réductrices et stéréotypées, véhiculées dans tous les domaines.

Parce qu’il existe mille façons de faire rentrer dans le « droit chemin » les insurgéEs contre leur sexe, leur genre, leur destin obligatoire : de l’assignation forcée des intersexes par mutilations génitales, au viol de représailles contre les lesbiennes ; de la psychiatrisation des trans’, aux violences masculines les plus régulières – en France, tous les trois jours, une femme est assassinée par l’homme avec qui elle vit.

Parce que notre santé passe en dernier, parce que le droit des femmes à disposer de leur corps est sans cesse remis en question, comme le montre la récente remise en cause du financement public du Planning familial et de nombreuses autres associations d’éducation populaire, parce que le savoir gynécologique est accaparé par les médecins, la contraception pas toujours remboursée, le droit à l’IVG menacé sous l’influence de l’Église catholique. Parce que, partout, les institutions qui exercent un pouvoir au nom de la religion ou d’une autorité morale ou politique prétendent toujours contrôler nos corps.

Parce que nous sommes largement touchées par le VIH, discriminées dans les essais par les labos qui ne prennent pas en compte notre métabolisme spécifique, parce que nous n’avons pas le même accès à des traitements de qualité, parce que nous sommes négligées dans les campagnes de prévention publiques, parce que, précarisées, nous sommes particulièrement touchées par les attaques contre la Sécurité Sociale, et notamment par l’instauration des franchises, ou par la remise en cause de l’hôpital public.

Parce que nous sommes précaires et trop souvent à temps partiel sans l’avoir choisi, que nous sommes toujours moins payées que les hommes à travail égal et à qualifications égales, et que nous effectuons l’immense majorité du travail gratuit appelé « travail domestique ». Parce que nous sommes les premières à payer la crise et le démantèlement des services publics. Parce que, malgré les lois et les effets d’annonce, le domaine public et politique nous reste toujours largement fermé.

Parce qu’en tant que femmes racialisées, nous luttons dans tous les domaines contre cette double oppression raciste et sexiste. Parce que la logique du racisme s’attaque directement à notre droit à disposer librement de notre corps. Parce qu’elle opère par exclusion, comme la loi sur le port de signes religieux à l’école qui prétend nous « protéger » – en particulier les filles musulmanes – et en fait contribue à nous stigmatiser, à nous enfermer dans le statut de « victimes » et à nous marginaliser.

Parce que, sans papiers, nous souffrons tout à la fois de la précarité, de la politique raciste du gouvernement français, des remises en cause du droit au regroupement familial, de l’intensification des interpellations policières. Parce que ce climat répressif nous éloigne encore davantage de l’accès aux soins.

Parce qu’en tant que prostituéEs, nous sommes mépriséEs, harceléEs et criminaliséEs par la loi sur la sécurité intérieure (LSI) de 2003. Parce que le délit de racolage passif accroît notre précarité et notre clandestinité et que nous ne pouvons pas exercer notre activité dans des conditions décentes et qui nous protègent.

Pour un féminisme qui refuse de voir son discours récupéré à des fins racistes, qui sache se démultiplier, concevoir l’émancipation sous toutes ses formes, un féminisme offensif qui lutte pleinement contre le système patriarcal et toutes les oppressions, qu’elles soient de classe, sexiste, raciste ou liées à la sexualité, un féminisme qui se revendique aussi des féminismes non-blancs, trans’ et lesbiens.

À l’appel de :
Alternative Libertaire, Atelier de lectures féministes (cip-idf), CFPE (Collectif des Féministes Pour l’Égalité), Droits et prostitution, Étudions Gayment, collectif Langues de putes, collectif Les mots sont importants, Mix-Cité Paris, Les Panthères roses, Pari-T, les Putes, le Torchon brûle toujours, les TumulTueuses.

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